Ce rêve de représentation …

IMG_0038Tout se passe un week-end de février, du haut de mes 26 ans je sors du cinéma avec les yeux pleins d’étoiles tel un enfant de 10 ans. L’enfant qui sommeillait en moi fut enfin satisfait par le film le plus tendance de ce début 2018 qu’est Black Panther.

Ma satisfaction fut d’autant plus grande, qu’elle s’inscrivait dans une euphorie collective, autour de moi tout le monde posait les bras en croix au niveau de la poitrine et se prenait pour un fier citoyen Wakandais. Aujourd’hui la « hype« est passée et j’ai essayé de me rappeler depuis quand la communauté « noire » était emportée par une telle effervescence. Aussi loin que je m’en souvienne, l’élection de Barack Obama fut l’événement qui a le plus marqué notre communauté. J’ai encore en tête l’image de « tontons » verser des larmes devant la marche du destin de celui qui sera le premier président « Noir » du pays le plus puissant au monde. Comme le remarquait l’humoriste Thomas Ngijol, Obama était devenu l’espace d’un instant notre fierté, notre gloire , notre héros… Les manifestations de joie de la population pour ce genre d’événement montrent surtout que les moments de satisfactions sont, encore maintenant, trop rares.

En effet, le peuple noir fut pendant plusieurs siècles victime d’une imagerie dégradante et négative de la part des autres peuples pour justifier l’esclavage ou la colonisation. L’une des premières représentations qui, à mon sens, a eu un impact fort sur la ségrégation des Africains est la « Malédiction de Cham » récit biblique de L’Ancien Testament.

Je pense qu’un petit rappel rapide sur cette « Malédiction » s’impose.

Ce texte biblique nous apprend comment Canaan fils de Cham (ancêtre mythologique du peuple noir) fut maudit  par Noé après avoir vu la nudité de ce dernier ; la conséquence de cette malédiction est la peau noire de la descendance de Cham ainsi qu’une éternelle condamnation à l’esclavage. Vous comprendrez que cette argument biblique a pu en grande partie justifier la colonisation et les traites négrières. Mais, autre conséquence  plus perverse est un « afro-pessimisme » ou un « afro-fatalisme » intériorisé dû à l’acceptation des échecs et des calamités comme des châtiments des Cieux. Avec le temps, d’autres média se sont développés et avec eux la représentation de la communauté noire c’est ainsi diversifiée. Nous avons eu le droit au peu flatteur « Tintin au Congo » ou le fameux cliché des films américains du « Noir qui meurt le premier« .

Le temps est passé, notre séjour au Wakanda est terminé avec son lot de fierté, d’émerveillement ou d’auto-satisfaction. Nous devons, dorénavant, ne plus être sujet à d’éphémères moments de liesses mais nous devons nous-même prendre en main notre « image » et ne plus dépendre de celle que porte l’Autre sur nous. Un vent nouveau se lève et nous avons de plus en plus d’artistes ou d’activistes qui brisent par leurs actions les clichés et changent l’image de la communauté. Je peux, par exemple, citer les réalisateurs comme Spike Lee (que je ne présente plus), Ryan Coogler (réalisateur de Black Panther ou Creed) ou encore Aaron McGruder (créateur de « The Boondocks ») qui ont su par leurs œuvres nous offrir une autre vision des afro-descendant. Je n’oublie pas pour autant les autres artisans de notre communauté qui ont permis l’essor du renouveau culturel « Afro ».

Après cette lecture, j’espère que vous allez réveiller le T’Challa (ou le Killmonger …) qui sommeille en vous.

 


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