Lettre à la Communauté

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Chères sœurs, chers frères,

J’aimerais dans un premier lieu, vous expliquer pourquoi je me suis lancé dans l’aventure WaKongo et ce qui m’a poussé à écrire sur la communauté africaine et sur différents sujets  de société. Depuis mon adolescence, je me suis intéressé à l’Histoire africaine et la vie de sa diaspora à travers le monde, mais mon intérêt se traduisait par des recherches personnelles qui m’ont été précieuses pour ma connaissance de l’Afrique, son Histoire et sa diaspora ; avec le recul, je me rends compte c’était plus un travail solitaire qui se souciait peu du partage de connaissances. Mais il y a deux ans j’ai eu la chance de faire la rencontre d’artiste, de créateurs, de porteurs de pharaoniques projets qui m’ont, par leur passion, leur vision et leur travail, inspiré et donné l’envie de m’investir plus dans les différentes activités en lien avec la communauté et m’ont donné l’inspiration pour WaKongo. Avant de lancer le sujet je tenais à remercier toutes ces personnes qui m’ont inspirées.

Ici, je souhaite vous parler de la communauté afro-caribéenne de ses avancés, ses perspectives et malheureusement ses écueils. Comme nous pouvons le constater la culture noire se développe de plus en plus en dehors des frontières africaines notamment en France. La communauté « afro » est très dynamique et c’est son principal atout. Oui, cette énergie débordante nous permet d’émerger des talents dans des domaines artistiques, l’exemple de la « congolisation » de la variété française, via des artistes tels que Maître Gims ou Niska, a permis de démocratiser auprès du public les sonorités africaines dans la musique française. Au delà de la musique nous avons pu également mettre au goût du jour la culture « afro-caribéenne » dans les domaine vestimentaires ou culinaires. De surcroît, la communauté a pris conscience de la nécessité d’union et des associations comme « L’Afrodescence » ou « L’Afrique c’est chic » qui s’efforcent à travers leurs actions de renforcer la diaspora en montrant les diverses réussites qui perlent chez nous. Autant de talents et d’efforts changent, à mon sens, peu à peu l’image que l’on peut avoir sur la communauté noire.

Malgré, les efforts qui sont réalisés, je ne peux que déplorer que certaines tares ne désirent pas se séparer de nous et jettent sur nous une ombre qui entache notre réussite. D’une part, je ne peux que constater que nous tombons trop facilement dans certains travers et les pièges qui peuvent nous être tendu. Je comprends parfaitement le contexte social dans lequel la majorité d’entre nous se trouve en France. Nous avons, pour la plupart d’entre nous, grandi dans les champs d’asphaltes et de bitumes où les terrains de football  étaient bien plus nombreux que les centres culturels et les bibliothèques. Un environnement qui nous donnait très peu de perspectives d’avenir et augmente notre ressentiment et les comportements de rejets. Dans cet état d’esprit, nous pouvons avoir certains comportements qui peuvent nuire à l’ensemble de la communauté. Le moindre incident, le moindre fait divers négatif (exemple : violences urbaines) jettent un voile noir sur l’ensemble de la communauté. Il est vrai que nous pouvons légitimement dire : « je n’ai pas à payer pour les erreurs des autres juste parce que l’on partage la même couleur de peau », mais nous devons nous rendre compte qu’en tant que minorité nous serons toujours soumis au regard et l’approbation de la majorité. Or, notre communauté à tendance à oublier cet état de fait et parfois cède à des comportements répréhensibles qui sont repris en boucle par les média et renvoient une mauvaise image sur l’ensemble de la communauté. Il est évident que nous pâtissons de l’accès inégale à l’éducation ou plus précisément à l’accès à une  l’éducation académique de meilleure qualité, au vu de l’environnement social dans lequel nous sommes conditionnés. J’ai un film qui, malgré son ancrage dans la société américaine, illustre parfaitement comment l’environnement social et économique emprisonne la communauté noire dans la délinquance et le déclassement. Ce film est Menace II Society des frères Albert et Allen Hughes, je vous conseille de le voir pour comprendre comment nous reproduisons sans s’en rendre compte les desseins prévus pour nous et entretenons du coup les préjugés. Ainsi, il est de notre devoir d’aller à contre courant du chemin qui nous est tracé pour le briser.

La clé est donc un travail sur l’éducation. Oui, si nous ne voulons pas être le « Tiers-Etat » du XXIe nous devons faire cet effort et investir l’éducation comme tout autre citoyen. En venant de banlieue, il est facile d’avoir une sorte d’auto censure et se dire que cette voie n’est pas fait pour des gens comme nous, j’en parle d’autant plus facilement que j’ai eu le même sentiment avant de faire une classe préparatoire et d’intégrer une école de commerce. Le sentiment où tu te dis , que je vise trop loin ou trop haut pour la personne que je suis. C’est ce genre de mentalité que nous devons et que nous allons changer, le problème est que nous sommes parfois sans repères et qu’il est difficile de se voir dans une position si personne de semblable à toi n’a fait le chemin avant. Afin que de nouveaux talents puissent éclore du bitume, des associations ou des personnalités viennent en renfort de l’éducation classique, je citerai la bourse fondé en 2008 par le rappeur Kery James l’A.C.E.S (Apprendre, Comprendre, Entreprendre, Servir) qui permet à des étudiants de se voir payer leurs études grâce à cette aide. L’éducation est donc une arme précieuse qui nous permettra d’affronter les défis de la société. Surtout, nous devons faire ce travail pour nos jeunes pour qu’ils puissent avoir une perspective plus grande que la nôtre à l’avenir.

Je vous remercie chères sœurs, chers frères, pour la lecture de cet article et j’espère que j’ai pu partager avec vous le sentiment que j’éprouve pour notre communauté et son avenir.

WaKongo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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